Arrive mardi matin - la pluie tombait parfois tellement fort que l'on ne s'entendait plus dans le vehicule. Il est 8h, c'est l'heure de pointe, la circulation est dense malgre les larges routes, toutes droites, des routes 2 fois 2 voies, bordees d'un profond fosse en beton puis de la verdure et quelques arbres. Ici, on conduit comme en Angleterre, a gauche avec le volant a droite, et on y klaxonne autant qu'en Inde. Les camions sont peints de facon multicolore puis noircis par la circulation. Des rideaux de chaines pendent a l'avant et l'arriere, juste pour la "decoration".
L'organisation de la ville est assez simple. Une succession de carres presques parfaits, qui forment un grand rectangle de 3 carres de large et une dizaine de carres de long. Au fur et a mesure que l'on se rapproche du centre, la police est de plus en plus presente a la fois pour faire la circulation, mais aussi pour proteger des batiments tres modernes aux vitres fumees. A l'entree du parking de l'hotel, le dessous de la voiture est inspecte, le capot est ouvert, puis la barriere s'ouvre.
Bienvenue a Islamabad, capitale de la Republique Islamique du Pakistan...

Au depart, je n'avais aucune apprehension pour ce voyage. D'accord, ce n'est pas le pays que l'on met en premier sur sa liste de destinations de vacances. Ok, c'est assez pret de l'Afganistan, surtout Islamabad, au nord, et ce n'est pas une region dont la reputation est sure. Oui, c'est vrai que les nouvelles d'attentats suicides ou de kidnapping d'occidentaux sont remontes jusqu'a nos 20 heures europeens, mais on ne peut pas comparer avec l'Afghanistan ou l'Irak. Et puis il y a des endroits beaucoup plus critiques dont on ne parle pas ou peu.
Puis sont venus les differents mails avec les contacts a garder sur soi, les personnes a prevenir de sa visite, de ou l'on reste, de ou l'on peut etre contacte. Enfin, a Heathrow, les controles sont loin d'etre rigolos. Si pour Istambul, les pieces que j'avais oubliees dans ma poche de jeans n'ont declenche aucune alarme, cette fois, tout le monde doit enlever ses chaussures, ceintures, lunettes, montres et autres objets metalliques. Mon ordinateur portable, avec sa petite boite noire de protection est inspectee, on me pose des questions pour savoir ce que c'est. Pour finir, a la montee dans l'avion, tous les bagages a main sont renifles par un chien, et les forces de police sont bien visibles. Inutile de dire que les carresses au chien sont strictement interdites. Lui non plus ne rigole pas.

A l'arrivee, juste l'habituelle interminable queue pour passer le poste frontiere. La file "Etrangers" a ete remplie rapidement par deux avions en provenance d'Europe. Pendant mon attente, je remarque ce panneau surprenant indiquant une file speciale pour "Les Femmes et les Enfants non accompagnes". Lors du passage, on prend ma photo, avec une superbe mini webcam, tres design, fixee sur le bureau avec du vieux scotch qui a jauni.
Comme en Inde, a la sortie de l'aeroport, un attroupement attend les voyageurs. On propose des taxis, de porter les bagages. Le pick-up de l'hotel est immanquable dans la foule avec sa veste rouge pompier et son panneau avec le nom de l'hotel dessus. Il regroupe les clients, et lorsque nous sommes 5, il nous dirrige vers la camionnette portant fierement le logo de l'hotel.

Finalement, toute cette alarmante protection est tres surfaite - je prefere d'ailleurs que ce soit dans ce sens. La recente capitale est une ville nouvelle, bien amenagee, qui tente de conserver beaucoup d'espace verts entre ses buildings modernes (parfois moins) ou se sont installees les entreprises et les organisations gouvernementales. La securite y est visible, mais assez cool. La fouille des sacs est une operation aleatoire, selon l'humeur, l'heure, et le nombre de personne (plus il y a de personnes, plus ils fouillent). La ville est calme, autant dans la journee qu'une fois la nuit tombee. La circulation reste fluide et ce sont les intemperis qui creent le maximum de perturbations.
Nous nous rendons a pied de l'hotel au bureau, qui sont a 2 minutes l'un de l'autre. Les gens sont souriant, polis, "Good morning, sir", "Good evening, sir" et bien sur proposent leur services, "Taxi, sir?" - il faut dire que les pietons ne sont pas nombreux. Je ne ressens aucune sensation d'insecurite ni celle d'etre profondemment observe.

L'hotel dans lequel je reste est a nouveau un hotel dont le rez-de-chaussez a ete ravage par une bombe, il y a 3 ans environ. Une personne a fait rentrer une mallette piegee. Pour autant, le scanner qui devrait controler tous les bagages est soit en panne soit n'est plus utilise. Quelques semaines avant nous, Tony Blair est reste dans cet hotel. J'imagine qu'a cette occasion, il a du reprendre du service!.
En fait, le terrorisme n'est pas la preoccupation des gens. Ils sont beaucoup plus preoccupes par les tremblements de terre. Celui de Noel dernier a touche durement la ville, meme si nos 20 heures europeens se sont concentres sur les gens habitants dans les montagnes avoisinantes. Un immeuble d'habitation s'est ecroule et a emporte avec lui la facade d'une immenble voisin. De nombreux batiments ont ete fermes pendant plusieurs jours a cause de fissures importantes suite a la secousse. Les gens qui le peuvent ne restent pas a Islamabad et demande a travailler depuis d'autres villes importantes de la region.

La nourriture est excellente, mais si je ne crache pas des flammes, c'est parce que Ben a selectionne avec precaution sur le menu et que je ne mange pas trop. Les plats sont assez semblables a la cuisine indienne, mais surtout, tres proche de la cuisine indienne que l'on connait en Angleterre (celle du nord de l'Inde, en fait). Si lors de mon experience a Bangalore, je n'ai pas retrouve ces plats, ici, ils sont tous la, Chicken Korma, Biryani, Tikka, et les autres... le niveau d'epice ayant juste pris (ou perdu) en force avec les kilometres.

L'avion qui me ramene a Londres partira en retard. Ce n'est pas une grande surprise, vu le nombre de controles dans l'aeroport. Une succession d'une 15aine de controles, entre celui qui met le tampon, celui qui verifie que le tampon a bien ete mis et celui qui controle que celui qui verifie a bien verifie... J'avais ete surpris par le faible nombre de vol qui se rendent dans la capitale, mais maintenant, je sais qu'avec 3 companies aeriennes, dont BA avec ses 3 vols par semaines, l'aeroport est au maximum de ses capacites... humaines...